Vanished into the front page

Vanished into the front page
La guerre n'y est plus que rarement, les premières pages relient les envies des gens indiscrets, les veines vidées du savoir d'injustice, celle des hommes, tout est semblable en guerre à l'après-guerre, on parle de dictateurs mariés à des femmes qui ne savent rien du haut de leur beauté glaciale, les respirations se font vives à la nouvelle d'un nouveau terrorisme naturel rentrant dans l'ordre des choses divines avant de chuter vers l'approche d'un nombril anonyme, comme une soif de redescendre en unique direction.

Peut-être est-ce le propre du darwinisme, avancer, évoluer, ne pas écouter, ne pas entendre pour ne pas parler.

Tout ressemble au ciment, les creux de vie motorisée se rassemblent sous leurs nécessités primaires, moi aussi, et puis je t'aime encore.

Disparaître en première page.

Un écrivain de métro m'a offert cette expression, peu importe de quelle bouche elle fut issue, un écrivain de métro qui me rappelle Roberto Benigni, mal connu en France pour son amour de la littérature, son humour touchant, son ironie futée, sa discrétion de dernières pages où il aime conjuguer son temps avec des gens discrets.

L'humour est toujours un cadeau.

Un écrivain qui nous revient n'est pas un héros des mots, il n'y en a pas, ceux qui pensent l'être ne le sont que par mots mal criés qui plaisent surtout aux chasseurs de fausses nouvelles, Saldam Rushdie "was vanished into the front page" et nous, les gens discrets, nous l'avions oublié sur cette même page, ce sont celles qui s'oublient, malgré le bruit ou grâce à lui.

Comme elles sont belles les femmes quand elles décident de s'aimer entre elles"
(Roberto Benigni)

Clandestins, clandestins... mais nous sommes tous des clandestins
(Andrea Camilleri)

I've been trying to make my way back to the books page ever since"
(Saldam Rushdie)

Toujours avec une petite étincelle de liberté dans les yeux, à peine visible, libre de briller sur les pages qu'elle mérite, dont elle connaît le chemin pour l'avoir si longtemps recherché.

Savourons la douceur des victoires discrètes des gens discrets, c'est l'histoire de la liberté qui ne se crie pas, qui se vit.

(Tableau d'Isabelle Bradfer-Burdet)
# Posté le samedi 08 mars 2008 10:21
Modifié le samedi 08 mars 2008 12:41

La pièce avec l'homme aux jambes écartées

Elles étaient trois, trois femmes âgées habitant au premier étage dans leurs appartements respectifs, l'une d'entre elles est décédée l'été dernier, les deux autres ont suivi, elles étaient vieilles, oui, la première je la connaissais plutôt bien, c'était une femme aux moyens financiers assez élevés contrairement à sa "petite copine" d'en face, curieusement dans la solitude de la vieillesse tout écart de classe s'annule, il y aurait de quoi discuter.

Un jour j'ai commis un délit pour elle, elle avait oublié de régler sa facture d'électricité et elle était restée dans le noir, elle pleurait, j'ai pris des outils et ai trafiqué les compteurs, aujourd'hui cela me serait impossible car ils ont tout modernisé, auraient-ils attendu qu'elle s'en aille pour le faire ? je me souviens de ses bisous quand je lui ai redonné la lumière, à m'en sentir Dieu ayant dessiné le jour.

La petite camarade d'en face faisait collection de pièces de monnaie étrangères, il s'agissait de pièces de un euro, la collection aurait donc eu une fin obligée très proche, je lui ai donné un euro espagnol un jour, elle était contente, elle m'a raconté que très jeune elle était allée en Espagne avec son mari, mari dont je connaissais les vices et vertus comme s'il avait été le mien, mais j'avais hâte de m'éloigner, elle le sentait mais faisait semblant de rien, puis elle me demanda si je voulais en échange l'euro de l'homme aux jambes écartées, l'euro italien en d'autres mots, elle ne connaissait pas L. De Vinci, peut-être qu'hier elle l'aurait su, elle ne s'en souvenait plus aujourd'hui, j'ai répondu que non puisque je l'avais déjà, je suis partie en souriant, puis elle a refermé sa porte, pour toujours.

La troisième m'était antipathique, une vieille dame antipathique, aussi seule que les autres.
Une vieille dame.

Elles étaient trois, nous sommes des quatrièmes à venir, n'est-ce-pas ?


La pièce avec l'homme aux jambes écartées
# Posté le samedi 08 mars 2008 09:44
Modifié le samedi 08 mars 2008 12:40

Collection Arche de Noé et ses auteurs

Savez-vous parler glou-glou ? (collectif sur les poissons et les crustacés) Illustrations de Janine LAVAL - ISBN : 2-916090-77-1
Éditions Joseph Ouarkine


Ce recueil regroupe quelques nouvelles, j'en signe une courte, des poèmes aussi, voici la liste des participants :

André LARANE
Claire-Lise COUX
Claude AMMANN
Daniel ARANJO
Danielle AKAKPO
Dominique ROCHER
Gerard LAPAGESSE
Guillaume FERRON
Jacques HERMAN
Jacques KINDO
Jean SAINT-VIL
Jean-Baptiste PEDINI
Jean-Robert PAUL
Joseph OUAKNINE
Marc OLIVE
Marie CHEVALIER
Marie-Claude MARTY
Nadia LE ROUX
Patricio SANCHEZ
Patrick CUADRADO
Saint-John KAUSS



L'ouvrage est joliment illustré.

Je connais et estime certains auteurs, tous les participants écrivent et publient individuellement, bien entendu, j'aime particulièrement Marie Chevalier, Marie-Claude Marty, Joseph Ouaknine, je ne possède pas encore d'ouvrages d'eux, ça ne tardera pas, puis Danielle Akakpo, j'ai acheté son “Elle et eux” paru aux Éditions “Écriture & Partage”.

Danielle est nouvelliste, elle aussi, décidément, ce n'était pas trop ma “tasse de thé” comme dirait un anglais, mais quand on a affaire à des histoires aussi bien écrites, racontées avec autant de force, d'humour parfois, de tendresse toujours, on ne s'en lasse pas.





Collection Arche de Noé et ses auteurs
# Posté le mercredi 05 mars 2008 09:02

Les concours oui, les concours non...

J'ai commencé à envoyer quelques textes ici et là depuis peu, j'ai eu quelques réponses aussi, et je me pose des questions, la première : à quoi ça sert sinon à gonfler l'ego démesuré des auteurs ? oui, ils ne le font pas exprès mais ils sont tous convaincus d'écrire mieux que le voisin et d'être punis injustement par les quelques lecteurs qui leur préfèrent, il faut bien l'avouer, les écrits du dit voisin, à tort ou à raison, peu importe. :)
A accroître le sens inné de la compétition chez les humains ? ah bin il ne manquait plus que ça ! ou en dernière analyse à faire passer au mieux les temps morts de l'horloge de la cuisine ?

Dans mon cas rien de tout cela, et puis je m'en fiche de ne pas être primée, la preuve; je viens de recevoir une communication de la ville de F... (sais pas où c'est d'abord) qui m'informe que mon texte n'est pas primé mais qui m'envoie un diplôme de reconnaissance culturelle puisque le jury l'a apprécié.

Est-ce-que je pleure, hein ?

.
.
.
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !

Bon, j'arrête de ne pas pleurer, et puis je pleurais pour rire !

Mais quand-même, ils exagèrent ! :p

Cela dit la ville de Ville D'Avray (elle je sais où c'est, je me suis informée) m'a envoyé un très beau livre "Cent récitations" d'Albine Novarino avec les photographies de Michel Maiofiss, j'ai reçu aussi "Écrire" de Daniel Pennac avec en première page une dédicace très gentille du maire adjoint à la culture pour mon premier Premier prix.

Voilà et tirage de langue !!!

J'ai participé à deux ou trois autres concours mais les résultats n'arriveront qu'en mai ou juin, ah mais je m'en fiche, on gagne, on perd, l'important est de participer comme disait le misogyne notoire De Coubertin.

- C' est bientôt mai ou juin ? ^^

J'ai hâte, j'ai hâte, et puis je vais certainement gagner sinon c'est qu'ils ne comprennent rien à rien les jurés.





Les concours oui, les concours non...
# Posté le jeudi 28 février 2008 09:12

AMER-INDIEN

AMER-INDIEN
AMER-INDIEN

Nos vies coulent sur des tables de fortune.
Les mots sont préfacés sur catalogue
Des échantillons de bonheur sont offerts aux futurs propriétaires télévisés.
Dieu est mort, sans âme ni fibre
Sur une spirale de terre où vont pourrir les chiens
Terre à la terre.
Les morts ne parlent plus, ni les tiens ni les autres
Salutations cordiales.
La vie coule en réserve où la gnôle coule à flots
Les plumes des oiseaux-rois ne captent plus de rêves




Des petits esprits de béton faiseurs de guerre offrent le ciel aux rats.
Nourriture rapide en couches d'obscurité.

C'est seulement un changement de monde.

# Posté le mercredi 27 février 2008 20:46