Dictionnaire

J'ai égaré mon dictionnaire dans un creux de mémoire
Que voulais-tu me dire quand tu m'as dit demain ?
Demain n'est pas un rendez-vous
C'est un temps mort dans la mort de tes mots
Achève-les

Un filet de souffle dans un réseau de songes
Un noyau de mensonges sur le pont de nos vies
Un jadis oublié qui ne rend plus ses comptes
Demain
Un secret deviné
Plus jamais
Je te cherche sous mes lettres perdues
Je bois l'ivresse coupable de t'avoir conjugué au futur
Comme hier


Elle dit que les heures sont folles...
Elle dit que les heures sont folles...
Un amour qui s'envole...

Ailleurs

Sur le comptoir du temps
Dans la logique des jours
Les cris des faux toujours

Mes rêves sont condamnés à perdre leur vocabulaire
Je m'égare
J'invente tes retours entre mes doigts jaunis
C'est infini demain
Il faut faire vite
Reviens

Un mot pour oublier le monde qui se crispe
Un mot pour espérer te garder près de moi
Pour jamais

Plus loin
Plus demain
Plus encore

Je sais que les heures sont folles
Je sais que les heures sont folles...














Dictionnaire

# Posté le jeudi 10 avril 2008 14:17

La banlieue débarque ! Un message de Blaise Rosnay

La banlieue débarque !  Un message de Blaise Rosnay
...et la banlieue débarque dans le 7eme arrondissement de Paris,
à deux pas de l'Assemblée Nationale, à quelques encablures de
Matignon. Pas n'importe quelle banlieue, qui plus est, mais le
très réputé 9-3, la Seine-Saint-Denis, qui fait régulièrement
l'objet de rapports administratifs alarmants. Des jeunes gens
d'origines diverses, des jeune gens de toutes les couleurs,
des jeunes gens qui doivent bien de temps en temps se
tailler une bavette dans les halls des immeubles des citées
où ils habitent, des jeunes gens qui se construisent comme
ils peuvent dans les quartiers délaissés de la République,
dont on ne parle le plus souvent que pour annoncer que
des voitures ont été brûlées, que des interpellations ont
été réalisées, que des caches d'armes ont été trouvées !

Mais ici, ce que nous avons trouvé, nous, c'est une cache
d'âmes. Parce que cette bande de jeunes de banlieue qui va
débarquer dans les beaux quartiers, ce sont des amoureux
de la poésie, qui, sous l'égide de l'association « rocher 93 »,
ont décidé de transmettre aux foules hypnotisées par la
télé et par la publicité, une parole, qui est française, peut-être,
mais surtout, qui est universelle, parce qu'elle est poétique.

Et voilà nos jeunes gens qui ne brûlent pas les bibliothèques,
mais parce que quelqu'un un jour, leur a mis dans les mains
quelques mots qui viennent du coeur, des mots de Victor Hugo,
de Lamartine, de Rimbaud, ou d'Alfred de Musset - voilà nos
jeunes gens qui guettent dans les bibliothèques les mots des
poètes.

Et voilà ce que leur dit Victor Hugo :

« Tous les hommes sont l'Homme ; et pas plus que les cieux
Le droit n'a de rivages ;
Ma sombre liberté sent le poids monstrueux
De tous les esclavages.»


Et voilà ce que leur dit Alphonse de Lamartine

« Et pourquoi nous haïr, et mettre entre les races
Ces bornes ou ces eaux qu'abhorre l'oeil de Dieu?
De frontières au ciel voyons-nous quelques traces ?
Sa voûte a-t-elle un mur, une borne, un milieu?
Nations, mot pompeux pour dire barbarie,
L'amour s'arrête-t-il où s'arrêtent vos pas ?
Déchirez ces drapeaux ; une autre voix vous crie :
"L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;
La fraternité n'en a pas !"

Et voilà ce que leur dit Arthur Rimbaud :

« Quand irons-nous, par delà les grèves et les monts,
saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle,
la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition,
adorer - les premiers ! - Noël sur la terre ! »

Samedi soir, ces jeunes gens seront au Club des Poètes, pour vous
dire les paroles des poètes qui les ont touchés. Il serait beau que
vous soyez-là pour les entourer et les encourager.

La soirée débutera à 20 heures et exceptionnellement, le spectacle
commencera vers 21 heures 15, afin qu'ils puissent rentrer chez eux
avant que la nuit ne soit trop avancée.

Amitié et Vive la Poésie, Blaise

*********************************************
Club des Poètes
30 rue de Bourgogne 75007 Paris
01 47 05 06 03
http://www.poesie.net
*********************************************


# Posté le mercredi 09 avril 2008 13:33

Tout baigne !

Tout baigne !
"Jamais on ne s'est fait voler autant de livres !", s'est exclamé Serge Eyrolles, président du Syndicat national de l'édition (SNE), à l'issue du 28e Salon du livre de Paris, qui a fermé ses portes mercredi 19 mars. Ce constat est aussi une marque de succès, le signe d'un intérêt certain pour la lecture... ou le commerce. Le pic des rapines a été atteint le dimanche soir, lors de l'évacuation du Salon, en raison d'une fausse alerte à la bombe. Un vieux monsieur portant deux sacs remplis à craquer s'est laissé prendre : il avait des livres plein les bras et peinait à se diriger vers la sortie...



Le Monde – 20 Mars 2008

# Posté le vendredi 04 avril 2008 17:02

Modifié le vendredi 04 avril 2008 17:14

La toute petite au milieu des grands

Ça mérite d'être souligné, il faut bien partager le bonheur :p, et puis il faudrait me relever aussi, je suis tombée de ma chaise, ailleu mes fesses !

Et oui, mon recueil Érotisme est classé ce matin sur amazon parmi les cent meilleures ventes de powésie, au n°55.

J'ai capturé l'écran, l'occasion est magnifique, sans compter que ça meuble un peu ce blog sur lequel je n'ai pas grand chose à dire ces jours ci, peut-être parce que j'en aurais trop, et pas que des sympathiques pour tout le monde (politik).
Je m'abstiens, en attendant voilà le miracle:

La toute petite au milieu des grands

# Posté le jeudi 03 avril 2008 04:53

Salon du livre de Paris.

Salon du livre de Paris.
Cinquante degrés à l'ombre, ça fait beaucoup pour un seul homme, je me suis un peu "sauvée en courant ", mais tout s'est bien passé, je raconterai plus tard, depuis mon PC, enfin mon clavier qui a les bonnes touches au bon endroit, en France c'est la pagaille.

La revue Pr'ose est très belle, mais Frédérique quand-même, elle exagère, elle parle de "pipole" dans son edito, de "ce machin là ", de président..., ce n'est pas très clair...mais, mais...

Qui a dit que les auteurs étaient des gens tristes ? nous on rigole bien ! :)




# Posté le dimanche 16 mars 2008 04:26

Modifié le dimanche 16 mars 2008 05:01

JOUR DE SOIR

JOUR DE SOIR


Je te médaille d'honneur
J'épingle c½ur au c½ur
J'écris en vers et contre toi
Je me résigne aux sillons
Mon sang impur
Secret obscur
Toujours
Mon silence
Mon amour
J'offre mille fois mes mois pour un dernier regard
Désarme cet émoi
Qui s'abreuvait de toi
Allons!




# Posté le mercredi 12 mars 2008 07:36

Modifié le mercredi 12 mars 2008 07:48

Comprenne qui voudra

Comprenne qui voudra


Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d'enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés




Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête

Souillée et qui n'a pas compris
Qu'elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.


Paul Eluard.

Gabrielle Russier s'est suicidée à la suite d'une bien triste histoire d'amour, affaire d'amour, Pompidou interrogé à l'époque au sujet de ce drame cita les premiers vers de ce poème qu'Eluard avait destiné aux femmes que l'on tondait à la libération, pour des histoires d'amour, pour des affaires d'amour.

« Une bête prise au piège des amateurs de beauté »

Il y a des milliers de mots sous ces mots, et des milliers d'images, comprenne qui voudra.


# Posté le mercredi 12 mars 2008 05:29

Modifié le mercredi 12 mars 2008 09:46

Poésie

Poésie
Recueils Erotisme et Huit mots.

J'ai quelques demandes (je ne croule pas dessous mais j'en ai...:-)) de la part de personnes qui désirent recevoir l'un de ces recueils dédicacés à domicile, il n'y a pas de problème, mettez-vous en contact avec moi.
(sans frais de port pour l'Europe).
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# Posté le mardi 11 mars 2008 11:43

Le France est un pays riche !

La France est un pays riche, ne pas confondre avec pays de riches, ou pays pauvre de pauvres et d'abord les pauvres on ne les reconnaît plus à leur vêtements comme avant, dans les pays riches ils ressemblent aux autres, comme les chaussures ils sont imitations, comment les reconnaître dans les pays riches, les pauvres ?

Par le gris de leurs cadavres quand ils remontent les eaux troubles de la ville du jazz pour ne pas avoir su partir à temps, ni où, ni comment, ni pourquoi, par la couleur de leurs cendres quand elles incendient les yeux des touristes de la ville lumière aux feux trop tard éteints, dans les ruelles surréelles de Naples qui n'ont jamais su Dante, à l'odeur acre de l'abandon, surtout.

Et aux vieux qui font leur marché à la fermeture du marché

Le capitalisme extrême sonne l'heure de l'autodestruction, il ne peut plus prétendre que la société humaine soit gouvernée par ses vices et surtout il ne peut plus cacher ses milliers de pauvres dans les poubelles de l'indifférence.

Même les chaussures se ressemblent de moins en moins, c'est dire.

# Posté le samedi 08 mars 2008 10:46

Vanished into the front page

Vanished into the front page
La guerre n'y est plus que rarement, les premières pages relient les envies des gens indiscrets, les veines vidées du savoir d'injustice, celle des hommes, tout est semblable en guerre à l'après-guerre, on parle de dictateurs mariés à des femmes qui ne savent rien du haut de leur beauté glaciale, les respirations se font vives à la nouvelle d'un nouveau terrorisme naturel rentrant dans l'ordre des choses divines avant de chuter vers l'approche d'un nombril anonyme, comme une soif de redescendre en unique direction.

Peut-être est-ce le propre du darwinisme, avancer, évoluer, ne pas écouter, ne pas entendre pour ne pas parler.

Tout ressemble au ciment, les creux de vie motorisée se rassemblent sous leurs nécessités primaires, moi aussi, et puis je t'aime encore.

Disparaître en première page.

Un écrivain de métro m'a offert cette expression, peu importe de quelle bouche elle fut issue, un écrivain de métro qui me rappelle Roberto Benigni, mal connu en France pour son amour de la littérature, son humour touchant, son ironie futée, sa discrétion de dernières pages où il aime conjuguer son temps avec des gens discrets.

L'humour est toujours un cadeau.

Un écrivain qui nous revient n'est pas un héros des mots, il n'y en a pas, ceux qui pensent l'être ne le sont que par mots mal criés qui plaisent surtout aux chasseurs de fausses nouvelles, Saldam Rushdie "was vanished into the front page" et nous, les gens discrets, nous l'avions oublié sur cette même page, ce sont celles qui s'oublient, malgré le bruit ou grâce à lui.

Comme elles sont belles les femmes quand elles décident de s'aimer entre elles"
(Roberto Benigni)

Clandestins, clandestins... mais nous sommes tous des clandestins
(Andrea Camilleri)

I've been trying to make my way back to the books page ever since"
(Saldam Rushdie)

Toujours avec une petite étincelle de liberté dans les yeux, à peine visible, libre de briller sur les pages qu'elle mérite, dont elle connaît le chemin pour l'avoir si longtemps recherché.

Savourons la douceur des victoires discrètes des gens discrets, c'est l'histoire de la liberté qui ne se crie pas, qui se vit.

(Tableau d'Isabelle Bradfer-Burdet)

# Posté le samedi 08 mars 2008 10:21

Modifié le samedi 08 mars 2008 12:41