SOMMAIRE
Édito Jean-Louis Berdaguer *
Étude d'un texte de Ch. Baudelaire Robert Ferrieux
Le disque de Chaliapine Mifa Martin
Les églantines Robert Lasnier
Au temps des blouses Christiane Charlot-Terrisse
La barbe du prophète Henry Masson
Au grenier de l'école des Mines Didier Béraud
Joyeux anniversaire Nicole Tourneur
Une saison en enfer Lucien Cordina
L'ordinateur et moi Nathalie Irène Ugo
Mon voyage au Canada Nadine Bonnet
Le journal retrouvé Christian Massé
Une trop courte promenade ogienne Georgine Charrieau
Oubli ? Nadia Le Roux
Poèmes : Gilbert Marquès, Candide Agnèse, Jean Bazola, Cécile Pecquet, Catherine May-Scheuer, Alice Martinez, Colette Barthas.
*EDITO
Il faut bien le reconnaître, l'autobiographie n'a pas toujours bonne presse. Cette opinion défavorable est étayée par l'idée que parler de soi implique une attitude narcissique, voire impudique. Est-ce pour cela que certains auteurs nous adressent - parfois malgré eux - des récits à la troisième personne? Certes, le « Je » n'est pas obligatoire à la narration, quelques exemples de romans autobiographiques montrent : Adolphe de Benjamin Constant ou René de Chateaubriand. Dans ce cas, le « Je » intime n'est pas assumé : il est caché par le « Il » du personnage de roman. Mais il faut bien admettre que ce genre-là n'a pas fait d'émules. Personnellement, je ne suis pas favorable au « Il » quand il s'agit d'autobiographie : je pense qu'il maintient une trop grande distance entre le lecteur et le narrateur, alors que l'écriture à la première personne favorise l'identification avec l'auteur. Une autobiographie sans le « Je » est un peu comme une voiture sans carburant : c'est lui qui la fait avancer ! Au reste, s'il s'agit vraiment de brouiller les pistes, on peut faire appel à l'autofiction. Les grands auteurs modernes ne s'en sont pas privés. Imagine-t-on ce que serait À la recherche du temps perdu avec un « Il »? Le narrateur s'éclipsant, elle y perdrait et sa flamme et son charme. Pourtant, ce cher Proust ne dit jamais « Marcel » !
J-L B.
